Ayezsurtout un profond amour les uns pour les autres, car l’amour couvre une multitude de pĂ©chĂ©s.”. Nous avons vraiment besoin de manifester un profond amour les uns pour les autres. Notre survie et notre entrĂ©e dans l’ordre nouveau et juste promis par Dieu en dĂ©pendent. — I

Cette citation de Agatha Christie La grande ambition des femmes est d'inspirer l'amour. , fait partie des plus belles citations et pensées que nous vous proposons de Agatha Christie. Partager cette citation Vous trouverez ci-dessous des illustrations de cette citation de Agatha Christie que vous pouvez facilement télécharger ou publier directement sur vos réseaux sociaux préférés tels que Facebook, Twitter, Instagram ou Pinterest. Citations similaires Dans les citations ci-dessous vous trouverez des citations similaires à la citation de Agatha Christie La grande ambition des femmes est d'inspirer l'amour., contenant les termes grande, ambition et femmes. Voir d'autres citations d'auteurs Découvrez des centaines d'auteurs célÚbres et toutes leurs citations célÚbres. Coco CHANEL Edme Boursault Francis Bacon Gabrielle ROY Georg Christoph Lichtenberg Guillaume APOLLINAIRE Hafid AGGOUNE Jacques Salomé Jean-Marie ADIAFFI Milan KUNDERA Philippe GELUCK Pierre BAILLARGEON Rechercher une citation
Quoiqu’on en puisse dire, la grande ambition des femmes est, croyez-moi, d’inspirer de l’amour. Tous les La citation d’amour du 03-01-2013 L’amour ne devrait ĂȘtre le plaisir que 25 juil. Cette colĂšre qui s'empare de toi ColĂšre contre toi De te sentir humaine De te sentir touchĂ©e Par les choses de la vie Ca passera tu verra mon petit C'est juste une blessure de plus Blessure deviendra cicatrice Tu vas continuĂ© d'avancer Tu sera blessĂ©... Lire la suite 23 juil. Comme des 'enfants Le soleil Ă©tait brulant. AllongĂ©s dans l'herbe, tous les deux les yeux fermĂ©s ils profitaient de ce superbe temps. Un silence total, mais pas de ces silences pesants, un de ceux qui vous fait sourire les yeux fermĂ©s tellement ce moment... Lire la suite 22 juil. Le besoin d'aimer d'ĂȘtre aimer est probablement le besoin humain le plus important. On peut se sentir faner quand on manque d'amour. Et vivant comme jamais quand on se sent aimer. Parce qu'il n'y a que l'amour Lire la suite 19 juil. Un jour On le sent Le soleil brille Ă  nouveau Sur cette terre Qu'on avait meurtri On sent que quelque chose Une nouvelle graine Pourra ĂȘtre plantĂ© On ignore quand Mais on sait qu'un jour Quand le moment viendra On sera capable d'accueillir A nouveau Cette... Lire la suite 15 juil. Nous sommes samedi. Nos nouveau amoureux se rendirent en ville au parc pour une promenade. Paulina dit Laura Et Laura quelle bonne surprise Attends mais c'est Giuliano lĂ  bas Giuliano criĂšrent les deux femmes Les trois amis explosĂšrent de rires. Chacun... Lire la suite 15 juil. Laura retrouva Paulina et Giuliano. Entre midi ils discutĂšrent Ă  table. Alors les amis vous avez prĂ©vu quoi ce weekend ? Pas grand chose dit Paulina je pense que je vais m'entrainer Ă  l'orgue. Et toi Giuliano? Je pense aller me promener en forĂȘt. Et toi... Lire la suite 15 juil. Jeu de mains Leurs mains se cherchĂšrent Se trouvĂšrent Se lĂąchĂšrent Se prirent S'enlacĂšrent Se lĂąchĂšrent Rirent Rougir Premier contact PremiĂšre dĂ©couverte Avec toute l'attention Des nouveaux explorateurs Avis de recherche A qui sont ces mains Jeu de m... Lire la suite 1 juil. Citation du jour "La grande ambition des femmes est d'inspirer l'amour" MoliĂšre Quelques mots sur l'auteur MOLIERE 1622-1673, auteur cĂ©lĂšbre du 17 Ăšme siĂšcle, est un dramaturge auteur de piĂšces de théùtre mais aussi un chef de troupe de théùtre et... Lire la suite
Lexposition Chapeaux Dior, l’art du chapeau de Christian Dior Ă  Stephen Jones est Ă  dĂ©couvrir du 14 mai au 30 octobre 2022 au MusĂ©e Christian Dior, Villa les Rhumbs, Rue d'Estouteville 50400 Granville. Plus d'informations sur le site MusĂ©eDiorGranville.com. Plus de culture et d'expositions sur
J’ai passĂ© le fameux cap de la quarantaine. Un passage assez dĂ©licat dans la vie d’une femme surtout si on a l’impression d’ĂȘtre complĂštement Ă  cĂŽtĂ© de sa vie
 Personnellement c’est ma curiositĂ© qui m’a aidĂ©e Ă  sortir de ma zone de confort et partir Ă  la recherche de mes rĂȘves et Ă  tous les moyens pour les rĂ©aliser. C’est notamment grĂące Ă  mes formations en naturopathie, coaching bien-ĂȘtre et psycho-Ă©motionnel que j’ai pu bousculer toutes mes habitudes et croyances et que j’arrive aujourd’hui Ă  croire que tout est possible si je le veux vraiment. A force de rectifier mes pensĂ©es, d’oser aller au-delĂ  de mes peurs, d’essayer, de me planter, d’apprendre, 
 je suis arrivĂ©e Ă  intĂ©grer de nouvelles habitudes de vie. Et ce qui me paraissait forcĂ© ou exagĂ©rĂ© avant est totalement naturel pour moi aujourd’hui. Ce changement radical, je le dois bien entendu Ă  moi-mĂȘme MAIS je n’y serais jamais arrivĂ©e si je ne m’étais pas inspirĂ©e de personnes qui pour moi symbolisent ces rĂȘve et incarnent ce que je considĂšre ĂȘtre une vie harmonieuse. Bien s’entourer, c’est la clĂ© d’une vie Ă©panouie et ça je ne l’ai compris qu’au fil des rencontres importantes durant toute ma vie que cela m’ait laissĂ© des sentiments positifs ou nĂ©gatifs d’ailleurs.Et c’est pour ça, et plus que jamais aujourd’hui, que nous devons rencontrer, collaborer, s’inspirer, encourager,
 Bref, travailler ensemble pour crĂ©er une vie et un monde meilleur. D’ailleurs ce projet est nĂ© grĂące Ă  un groupe que j’ai créé il n’y a pas si longtemps et qui s’appelle Femmes inspirantes, devenons les crĂ©atrices de demain ». J’y ai vu du partage, de la bienveillance, de l’écoute, de l’amour et c’est ce qui m’a donnĂ© l’idĂ©e et surtout l’envie de crĂ©er un endroit oĂč toutes ces magnifiques femmes pourront ĂȘtre prĂ©sentĂ©es et mises en valeur.
Lagrande ambition des femmes est d'inspirer de l' amour Its--easy. Description : CamilleÂČ Envoyer un message; Offrir un cadeau; Suivre; Bloquer; Son profil. Its--easy 27 ans tours (37) France. Partage. Tweet; Amis 0; Design by Its--easy. Signaler un abus. Infos. CrĂ©ation : 28/05/2008 Ă  14:19; Mise Ă  jour : 26/08/2008 Ă  09:53; 7 articles; 119 commentaires. 8 amis; 8
Six vies, Six noms Hokusai a changĂ© de style et de nom avec une aisance sans pareille, de ShunrĂŽ, SĂŽri, Hokusai, Taito, Iitsu Ă  celui de gakyĂŽ rĂŽjin manji. Le destin a accordĂ© Ă  ce gĂ©nie fou de dessin et de peinture » une trĂšs longue vie, employĂ©e Ă  la recherche du trait juste, dans une infinie diversitĂ© de styles et de supports. Il est sans doute malaisĂ© pour un esprit occidental de comprendre qu’à un seul individu peuvent s’attacher des dizaines de noms. On ne devrait pourtant pas s’en Ă©tonner dans un pays, le Japon, oĂč chaque changement de rĂšgne entraĂźne le choix d’une nouvelle appellation. Pourquoi celui d’un patronyme ne serait-il pas Ă©galement variable selon les circonstances, infiniment diverses, qui traversent toute une vie? C’est le cas de celui que la postĂ©ritĂ© a fini par dĂ©signer sous le nom de Hokusai 1760-1849 et dont on estime qu’il a pu porter plus d’une centaine de noms TokitarĂŽ Ă  3 ans, TetsuzĂŽ Ă  9, Tatsumasa, Katsushika, et ainsi de suite jusqu’à l’un des derniers, et sĂ»rement son favori, GakyĂŽjin Hokusai, le fou de dessin ». Presque un nom par annĂ©e de vie, avancent certains historiens, d’une vie qui avoisine 90 ans et a produit pas loin de trente mille dessins, dont l’attribution, on l’imagine, n’est pas toujours aisĂ©e
 ShunrĂŽ, l’éclat du printemps » 1778-1794 La profusion, la vitalitĂ©, l’inventivitĂ© sont indissociables de la vie de Hokusai qui Ă©prouvait le besoin d’abandonner son nom ancien lorsqu’il changeait de genre, comme on se dĂ©pouille d’un manteau usagĂ©, passant de l’estampe de théùtre aux livres illustrĂ©s, puis aux gravures de voeux, aux paysages ou aux manuels techniques, les extraordinaires Manga. Quelques-uns d’entre eux, cependant, correspondent Ă  six Ă©tapes importantes de sa carriĂšre. Son premier nom d’artiste, ShunrĂŽ, l’éclat du printemps », il l’a reçu de son maĂźtre Katsukawa ShunshĂŽ 1726-1792, dans l’atelier duquel il est entrĂ© en 1778. Cet apprenti de 18 ans est probablement nĂ© le 31 octobre 1760, annĂ©e du Dragon, dans le quartier de HonjĂŽ, Ă  l’est d’Edo, l’ancien nom de Tokyo. Le district est aussi connu sous le nom de Katsushika, qui lui servira plus tard de patronyme. On ne sait rien de sa famille, si ce n’est qu’il a certainement Ă©tĂ© adoptĂ© par un miroitier au service du shĂŽgun, vers l’ñge de 3 ou 4 ans. Est-ce d’avoir Ă©tĂ© Ă©levĂ© dans une famille d’artisans qui façonne sa sensibilitĂ© artistique? Hokusai n’a pas Ă©crit de mĂ©moires, pourtant, Ă  l’occasion de deux textes accompagnant ses Ɠuvres, il note que sa passion sincĂšre pour l’art » s’est dĂ©veloppĂ©e dĂšs l’ñge de 6 ans. Hokusai, Le Pavillon du turbo cornu, sĂ©rie Sites Ă  la mode dans les quatre directions de la capitale de l’Est, vers 1785-1787, estampe nishiki-e, format chĂ»ban, 19 x 25,5 cm, signature ShunrĂŽ ga » À 13 ans, il est apprenti chez un xylographe, et, peut-ĂȘtre en mĂȘme temps, commis chez un libraire, deux formations qui sont Ă  la racine de son amour de la gravure et de la littĂ©rature classique. Katsukawa ShunshĂŽ est un des maĂźtres reconnu de l’art de l’estampe, rĂ©putĂ© pour ses portraits d’acteurs du kabuki et de belles femmes, les bijin. Le premier, il a su se dĂ©marquer des stĂ©rĂ©otypes de ce genre d’images et rendre Ă  ses modĂšles la particularitĂ© de leurs expressions physiques. Ce style expressif, qui lui vaut un grand succĂšs, va imprĂ©gner le futur Hokusai. En cette fin du XVIIIe siĂšcle, l’estampe, dĂ©sormais entiĂšrement polychrome, nishiki-e, est devenue un art qui suscite un engouement extraordinaire dans toutes les classes sociales d’une sociĂ©tĂ© prospĂšre. AppelĂ©e ukiyo-e, image du monde flottant », elle cristallise, par son style vif et raffinĂ©, l’esprit de ce monde de divertissement et de pur plaisir qu’on trouve dans les théùtres et les jardins d’Edo, la nouvelle capitale, et prĂšs des maisons vertes » de Yoshiwara, le quartier des courtisanes. Hokusai, L’Acteur Ôtani Hiroji dans le rĂŽle du lutteur de sumĂŽ Nuregami no ChĂŽgorĂŽ, 1789, estampe nishiki-e, format hosoban, 28 x 13cm Romans populaires et cartes de voeux Vivre seulement pour l’instant, contempler la lune, la neige, les cerisiers en fleur et les feuilles d’automne, aimer le vin, les femmes et les chansons, se laisser porter par le courant de la vie
 », Ă©crit le romancier Asai RyĂŽi, en 1661. Le jeune ShunrĂŽ dĂ©bute modestement dans ce monde brillant des estampes commerciales d’acteurs en bichromie, des illustrations de romans populaires, ces livres Ă  couverture jaune » ou kibyĂŽshi, des cartes de voeux, qu’on appelle surimono. Quelques indices, cependant, permettent de penser que ShunrĂŽ a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© remarquĂ© un Ă©diteur, Tsutaya, lui commande spĂ©cifiquement, en 1790, des estampes d’acteurs et des illustrations de programmes de théùtre
 SĂŽri et la nouvelle vision de la peinture 1794-1805 Le maĂźtre SunshĂŽ meurt en 1793 et ShunrĂŽ quitte son atelier cette annĂ©e- lĂ , sans que l’on sache s’il a Ă©tĂ© congĂ©diĂ© ou s’il est parti de son plein grĂ©, aprĂšs une querelle que la rumeur attribue Ă  son caractĂšre ombrageux et fonciĂšrement indĂ©pendant. Reste que, trĂšs curieux des nouvelles techniques et modes d’expression – un trait de personnalitĂ© qui mĂ©rite d’ĂȘtre soulignĂ© dans un Japon totalement fermĂ© Ă  tout apport Ă©tranger depuis 1638 –, il s’est dĂ©jĂ  intĂ©ressĂ© Ă  la perspective occidentale telle que l’utilisent les estampes de Toyoharu 1735-1814. Il est possible aussi qu’il ait suivi l’enseignement de Shiba KĂŽkan 1747-1818, peintre familier des Hollandais autorisĂ©s Ă  accoster Ă  Nagasaki. Entre 1793 et 1795, l’artiste doit faire face Ă  de grandes difficultĂ©s, tant sur le plan personnel – sa femme meurt, le laissant seul avec trois enfants en bas Ăąge – que professionnel, produisant peu d’oeuvres signĂ©es Kusamura ShunrĂŽ. Hokusai, Jolie femme attendant une visite, vers 1797-1804, kakemono, rouleau de papier, 38,6 x 48,6 cm, signature Hokusai ga» Mais, en 1795, Hokusai se voit proposer de prendre la direction de l’atelier de peinture de Tawaraya SĂŽri actif entre 1760 et 1780. Il adopte le nom de SĂŽri II en hommage au maĂźtre. Pour brĂšve qu’elle soit, la pĂ©riode qui s’engage alors porte en germe l’évolution Ă  venir de l’artiste. Il se dĂ©tourne du monde de l’ukiyo-e, bien dĂ©cidĂ© Ă  prouver qu’il peut dĂ©velopper une carriĂšre de vrai » peintre. Peut-ĂȘtre profite-t-il Ă  ce moment-lĂ  des enseignements du style KanĂŽ, Ă©cole de peinture officielle du shĂŽgun, inspirĂ©e de l’esthĂ©tique chinoise. Quoi qu’il en soit, Hokusai SĂŽri est Ă  la recherche d’une nouvelle vision de la peinture. Il se rapproche des cercles littĂ©raires de son temps, il compose des poĂšmes, Ă©crit des rĂ©cits et s’intĂ©resse Ă  l’édition d’estampes non commerciales. Apparaissent en effet, dans les annĂ©es 1790, les kyĂŽka surimono, poĂšmes accompagnĂ©s d’illustrations. Hokusai, Sifflet de la cerise d’hiver, sĂ©rie Sept Manies des jeunes femmes sans Ă©lĂ©gance, 1801-1804, estampe nishiki-e, format ĂŽban, 38,2 x 25,8 cm Hokusai, dont la notoriĂ©tĂ© s’étend, propose aux sociĂ©tĂ©s de poĂštes, tel le cercle Asakusa, d’inverser le procĂ©dĂ© il fournit des sĂ©ries d’estampes sur lesquelles on composera kyĂŽka ou haiku. Il en dessinera trente-deux entre 1799 et 1809. Perspective occidentale Le style SĂŽri s’affirme dans sa pleine singularitĂ©. Ses personnages, femmes Ă  la toilette, courtisanes en promenade, paysans ou artisans vaquant Ă  leurs occupations, semblent mus par une sorte de mĂ©lancolie indolente, une tristesse diffuse qui les rend immatĂ©riels. Les belles dĂ©licates Ă©tirent leur frĂȘle silhouette avec raffinement, et leurs visages allongĂ©s ont dĂ©jĂ  la forme de pĂ©pin de melon », si caractĂ©ristique de ses oeuvres ultĂ©rieures. Dans la mĂȘme pĂ©riode, il poursuit ses recherches sur la perspective occidentale qu’il met en application dans la sĂ©rie ChĂ»shingura. Nouvelles Estampes en perspective, sur le thĂšme trĂšs cĂ©lĂšbre de La Vengeance des 47 rĂŽnin la ligne de fuite mais aussi les nuages sur le mont Fuji sont un emprunt Ă  l’art occidental. Enfin, on voit naĂźtre son style si particulier de paysage et ses thĂšmes de prĂ©dilection le mont Fuji, les plantes, les vagues. Les personnages, toutefois, n’y sont pas encore intĂ©grĂ©s, comme ils le seront dans les chefs-d’oeuvre des annĂ©es 1830. Mais le siĂšcle qui se termine a vu l’apparition d’un artiste douĂ© d’un style graphique qu’on ne peut confondre avec aucun autre. Le peintre Hokusai est nĂ©. Hokusai, atelier de l’étoile polaire » 1805-1810 À partir de 1800, SĂŽri signe dĂ©sormais Hokusai, qui signifie atelier de l’étoile polaire », un signe probable que le peintre aurait ralliĂ© la secte bouddhique de Nichiren, spĂ©cifiquement attirĂ©e par le culte du bodhisattva MyĂŽken, incarnation de l’étoile polaire. Depuis quelques annĂ©es dĂ©jĂ , l’artiste a choisi cet astre comme son symbole, et le montrera dĂ©sormais Ă  de nombreuses occasions tout au long de sa vie. À l’intĂ©rieur mĂȘme de cette pĂ©riode, ses signatures vont nĂ©anmoins varier il est, entre autres, Katsushika Hokusai pour les romans ou les estampes populaires, Hokusai Tatsumasa ou GakyĂŽjin Hokusai, fou de peinture », pour les kyĂŽka surimono, et on peut affirmer que ce changement selon les genres est important pour lui, un peu, souligne l’historien Matthi Forrer, comme s’il appliquait un nom de marque Ă  ses Ɠuvres. Hokusai, Enfants Ă  leurs jeux, entre 1804 et 1813, surimono, 38,4 x 53,2 cm, signature Katsushika Hokusai ga », Tsuwano, Katsushika Hokusai Museum of Art. 1798 constitue un tournant dans sa carriĂšre. Hokusai quitte l’atelier Tawaraya et fonde sa propre Ă©cole. Sa notoriĂ©tĂ© est dĂ©jĂ  grande et il apparaĂźt comme le principal dessinateur de kyĂŽkabon et kyĂŽka surimono. Peu Ă  peu cependant, sans abandonner complĂštement ce domaine des estampes non commerciales ses Ă©lĂšves ont aussi repris le flambeau de cette activitĂ©, il renoue brillamment avec les gravures bon marchĂ© et les livres populaires plus de mille illustrations, entre 1804 et 1815, pour ces derniers, soit Ă  peu prĂšs deux cent trente-cinq volumes ! En 1805, il travaille avec le grand Ă©crivain Kyotukei Bakin 1767-1848 Ă  une Ă©dition japonaise du grand classique chinois Contes au bord de l’eau, un projet qui fera date. Est-ce parce qu’il y rĂšgne une plus grande libertĂ© Ă  la fois de sujets et de format et que son inventivitĂ© passionnĂ©e peut se dĂ©ployer sur ce terrain ? Hokusai, Album de peintures, 1808-1809, un volume sur papier, signature Hokusai », Londres, Victoria and Albert Museum. Dans une premiĂšre pĂ©riode, de 1798 Ă  1804, Hokusai continue Ă  exploiter le style des annĂ©es Tawaraya personnages fĂ©minins Ă  l’expression douce et mĂ©lancolique, aux figures souples et allongĂ©es. À partir de 1807, apparaissent les grandes lignes de recherche qu’il dĂ©veloppera par la suite. Les expressions des visages, leurs Ă©motions affleurent sous son pinceau et trouvent un Ă©cho dans le rendu des paysages, aussi dĂ©licats et Ă©thĂ©rĂ©s que sont l’ñme et l’esprit de ceux qui les traversent. Par ailleurs, Hokusai s’intĂ©resse de plus en plus Ă  la perspective occidentale, qu’il avait dĂ©jĂ  mise en oeuvre dans une sĂ©rie des Vues des lieux cĂ©lĂšbres d’Edo, en 1799. En 1805, avec une Vue de la plage de Noboto Ă  marĂ©e basse depuis la cĂŽte de GyĂŽtoku, il persĂ©vĂšre dans cette direction et introduit mĂȘme dans une autre estampe la notion de clair-obscur, en utilisant une ombre par-dessus les couleurs c’est la premiĂšre apparition de ce genre dans l’estampe japonaise. ExcentricitĂ©s artistiques Cette pĂ©riode est aussi celle oĂč ses excentricitĂ©s artistiques, qui deviendront cĂ©lĂšbres, se manifestent. En 1805, sa renommĂ©e de peintre Ă©gale celle de graveur. Il se lance, au temple Gokoku, proche d’Edo, dans un vĂ©ritable happening » public un portrait de cent vingt tatami 21, 6 mĂštres sur 9 de Daruma, le fondateur du bouddhisme zen. Hokusai a tapissĂ© une surface de 350 mĂštres carrĂ©s de papier et y a promenĂ© un Ă©norme balai de bambou trempĂ© dans une cuve d’encre. Ce n’est que lorsque le panneau a Ă©tĂ© dressĂ© sur cadre que les spectateurs Ă©bahis ont compris qu’il s’agissait du buste du patriarche porte-bonheur
 Taito, Ă©toile de la Petite Ourse » 1810-1819 En 1810, la cĂ©lĂ©britĂ© de Hokusai est un fait Ă©tabli. Ne raconte-t-on pas que le shĂŽgun Ienari l’a conviĂ©, en 1804, Ă  un concours de peinture oĂč il doit affronter un autre artiste renommĂ©, Tani BunchĂŽ 1763-1840? Loin de se plier aux rĂšgles de la compĂ©tition, Hokusai a fait dĂ©monter une porte coulissante qu’il a balayĂ©e d’encre bleue, en lignes sinueuses. Puis il a fait venir un coq qu’il a incitĂ© Ă  se promener sur la surface, aprĂšs lui avoir trempĂ© les pattes dans de la peinture rouge. Une fois le panneau remis en place, toute l’assemblĂ©e a reconnu la riviĂšre Tatsuta, chargĂ©e de feuilles d’érables Ă  l’automne
 L’anecdote, pour vraie qu’elle soit, est rĂ©vĂ©latrice de la lĂ©gende qui le nimbe. Car on dit aussi que Hokusai peut immortaliser une volĂ©e de moineaux sur un grain de riz ou peindre en utilisant ses doigts, ses ongles ou le manche d’un pinceau, enfin, n’importe quel objet
 Rien ne rĂ©siste Ă  ce fou de peinture ». Hokusai, Sangino Takamura, pĂȘcheuse d’ormeaux, sĂ©rie Cent PoĂšmes de cent poĂštes expliquĂ©s par la vieille nourrice, vers 1835, estampe nishiki-e, format ĂŽban, 25,6 x 36,6 cm, Hokusai a 50 ans, un Ăąge dĂ©jĂ  avancĂ© dans le Japon du XIXe siĂšcle, et songe en consĂ©quence Ă  ce qu’il pourra lĂ©guer de son savoir Ă  la postĂ©ritĂ©. C’est l’époque des manuels qui s’ouvre, Ă©tonnante Ă  nos yeux d’Occidentaux mais non pour l’esprit d’un bouddhiste convaincu qui a connu une illumination l’artiste est investi d’une mission, celle de transmettre son expĂ©rience, ses dĂ©couvertes, les nouvelles voies d’exploration de la peinture. Hokusai adopte alors le nom de Taito, inspirĂ© par Taihokuto, l’ Ă©toile de la Petite Ourse ». Nombreux sont les disciples qui accourent Ă  lui lors d’un voyage Ă  Nagoya, en 1812. Hokusai, Carnet de croquis, 1814, Metropolitan Museum of Art, New York Cet automne, le Vieil Homme a fait par hasard un voyage vers l’ouest et s’est arrĂȘtĂ© dans notre ville, Ă©crit un artiste. Nous nous sommes d’abord rencontrĂ©s chez GekkĂŽtei Bokusen [
] puis il a exĂ©cutĂ© plus de trois cents croquis de toutes sortes. D’immortels, du Bouddha, d’érudits et de femmes, d’oiseaux, de bĂȘtes sauvages, d’herbes et d’arbres, en dessinant aussi le vĂ©ritable esprit de tout cela. » Les Ă©lĂšves vont recopier et mettre en page beaucoup de ces croquis, publiĂ©s par un Ă©diteur en 1814 c’est le premier volume des fameux dessins au fil du pinceau », Hokusai manga, une mĂ©thode qui va connaĂźtre un tel succĂšs qu’on demandera au maĂźtre d’en produire de nouvelles sĂ©ries. La vie quotidienne du Japon Ce sont prĂšs de quatre mille dessins en quinze volumes qui seront rĂ©imprimĂ©s au long du XIXe siĂšcle. Toute la vie quotidienne du Japon s’y trouve, saisie sur le vif avec un humour et une affection palpables les plantes et les animaux, mais aussi les paysages et les artisans, croquĂ©s avec leurs outils, leurs attitudes, les gestes de leur travail. Des Ă©crivains cĂ©lĂšbres prĂ©facent chaque tome, s’émerveillant de ces images indescriptibles et sans Ă©gales, dont la contemplation ne cesse d’inspirer ». D’autres manuels techniques suivront, dont les Ă©tudes amorcent certaines visions des grandes estampes du mont Fuji. Hokusai, Femmes prĂ©parant le thĂ© autour de l’ñtre, 1816, Metropolitan Museum À la mĂȘme Ă©poque, Taito s’attache avec une particuliĂšre virtuositĂ© aux shunga, les peintures de printemps » ou images Ă©rotiques, qui sont le fruit d’une longue tradition de l’art japonais. Il y dĂ©crit les acrobaties sexuelles, et parfois singuliĂšres, souvent malicieuses, de couples oĂč les femmes pulpeuses et Ă©panouies ont remplacĂ© les silhouettes frĂȘles des annĂ©es prĂ©cĂ©dentes. Iitsu, une nouvelle vie 1820-1834 En 1820, Hokusai atteint l’ñge de 60 ans, et son anniversaire conclut un cycle complet du zodiaque, formĂ© de soixante combinaisons possibles. L’importance est extrĂȘme pour tout Japonais, d’autant que l’annĂ©e est, logiquement, Ă  nouveau celle du Dragon. Hokusai change de nom pour prendre, non sans malice, celui d’Iitsu, ĂągĂ© de nouveau de un an ». Une nouvelle vie commence, symboliquement et, Ă©tonnamment mais faut-il vraiment s’en Ă©tonner, parlant de Hokusai, le plus fĂ©cond, le plus incroyablement inventif des artistes de son temps ?, esthĂ©tiquement aussi. C’est de cette pĂ©riode, pourtant trĂšs noire sur le plan personnel sa femme et une de ses filles meurent, une autre divorce, son petit-fils l’accable de ses dettes de jeu que dateront les grandes estampes qui feront de Hokusai le peintre le plus connu de l’art japonais et l’identifieront dĂ©finitivement aux yeux des Occidentaux. Hokusai, Vent du sud, ciel clair Le Fuji rouge, sĂ©rie Trente-Six Vues du mont Fuji, vers 1830-1834, estampe nishiki-e, format ĂŽban, 26,1 x 38,1 cm Nourri d’un enthousiasme renouvelĂ©, Hokusai Iitsu retourne d’abord au monde littĂ©raire. Une commande importante de trente-six surimono carrĂ©s lui est faite, en 1821, annĂ©e du Serpent, sur le thĂšme des coquillages. Hokusai dĂ©ploie toute son ingĂ©niositĂ© et sa libertĂ© de ton pour faire de cette sĂ©rie, Coquillages de l’ùre Genroku, une oeuvre unique dans les annales de la nature morte. Il multiplie les rĂ©fĂ©rences littĂ©raires, historiques, lĂ©gendaires et les jeux de mots pour chaque illustration de mollusque, cernĂ©e d’un cartouche rouge. L’annĂ©e suivante, annĂ©e du Cheval, il dessine une mĂ©morable suite de chevaux, Umazukushi, d’un raffinement stupĂ©fiant sur l’estampe du Talisman du cheval, le cartouche du titre, en forme de calebasse, est une allusion Ă  celle dans laquelle l’ermite chinois ChĂŽkarĂŽ range son cheval magique. Peut-on imaginer plus grande subtilitĂ© ? Hokusai, Umazukushi Komashobu Le Talisman du Cheval, 1822, 18 x 20cm Le thĂšme du paysage est rĂ©current dans l’oeuvre de Hokusai depuis ses dĂ©buts, par sa prĂ©sence aussi bien dans les estampes commerciales que dans les surimono ou les illustrations de livres. Mais la maniĂšre dont il le traite Ă  partir des annĂ©es 1830 dans trois sĂ©ries d’estampes, Trente-Six Vues du mont Fuji, Voyage au fil des cascades des diffĂ©rentes provinces et Vues extraordinaires des ponts des diverses provinces, constitue une vĂ©ritable rĂ©volution dans le genre, en mĂȘme temps qu’elles rendent soudain les Japonais curieux de leur archipel et de sa nature. Une des consĂ©quences sera la multiplication des pĂšlerinages et des voyages destinĂ©s Ă  admirer la beautĂ© des sites cĂ©lĂšbres. Le bleu de Berlin Jusque-lĂ , dans la peinture aristocratique chinoise ou japonaise, le paysage n’avait servi que de faire-valoir, de dĂ©cor Ă  des scĂšnes ou des portraits. Hokusai, Pont de bateaux de Funa dans la province de KĂŽzuke vue ancienne, sĂ©rie Vues extraordinaires des ponts des diverses provinces, vers 1834, estampe nishiki-e, format ĂŽban, 26,4 x 38,4 cm, signature Saki no Hokusai Iitsu hitsu », Tsuwano, Katsushika Hokusai Museum of Art. DĂ©sormais, sujet Ă  part entiĂšre, il acquiert une Ăąme et renvoie son spectateur Ă  sa vision intĂ©rieure. Le mont Fuji n’est Ă©videmment pas un lieu banal. Montagne la plus sacrĂ©e du Japon, incarnation d’Amaterasu, plus grande dĂ©esse du panthĂ©on shintĂŽ, sa reprĂ©sentation est dĂ©jĂ  prĂ©sente chez Hokusai en 1790, telle un phare qui aimanterait ses pensĂ©es. L’investissement spirituel n’a d’égale que l’extrĂȘme modernitĂ© du traitement choix d’un grand format, prĂ©cision topographique, description mĂ©ticuleuse et pleine d’humour des activitĂ©s humaines, audace des cadrages et des signes graphiques
 MĂȘme la couleur est une nouveautĂ©, la belle polychromie ayant Ă©tĂ© prĂ©cĂ©dĂ©e d’une sĂ©rie imprimĂ©e en aizuri-e, grĂące au Berorin ai, le bleu de Berlin ou de Prusse, fraĂźchement dĂ©barquĂ©, qui est un pigment stable, contrairement Ă  l’indigo japonais. Le succĂšs fut tel que l’éditeur commanda Ă  Hokusai dix estampes supplĂ©mentaires, portant le nombre des vues du mont Fuji Ă  quarante-six. GakyĂŽ RĂŽjin Manji, le vieil homme fou de dessin 1834-1849 Que peut-on encore espĂ©rer lorsqu’on atteint 75 ans, Ăąge considĂ©rable dans le Japon du XIXe siĂšcle, et qu’on a Ă©tĂ© reconnu comme le plus grand artiste de son Ă©poque? La perfection de son art, et rien d’autre. C’est Ă  la poursuite de celle-ci que Hokusai s’attache les quinze derniĂšres annĂ©es de sa vie. Et c’est bien le moins que, pour cheminer avec une telle ambition, il choisisse derechef un nouveau nom. Ce sera Manji, dix mille ans », prĂ©cĂ©dĂ© de GakyĂŽ RĂŽjin, littĂ©ralement le Vieil Homme fou de dessin ». De 1830 Ă  1834, Hokusai a non seulement produit des paysages exceptionnels mais aussi des estampes extraordinaires sur les fleurs et les animaux. Ce sont ces Carpes sous une cascade, Tortues nageant ou Iris et Sauterelle, qui, parvenant en Europe, auront une grande influence sur les impressionnistes et les crĂ©ateurs de l’Art nouveau. Deux carpes sous une cascade, 1831, estampe nishiki-e, format uchiwa-e, 23,2 x 28,7 cm, signature Hokusai Aratame Iitsu hitsu », Cleveland Museum of Art Ce n’est certainement pas la premiĂšre fois que l’art de Hokusai atteint l’Europe. MĂȘme, en 1826, un Ă©pisode singulier a eu lieu. Une dĂ©lĂ©gation du comptoir colonial hollandais de Deshima, cette enclave autorisĂ©e aux Ă©trangers, se rend Ă  Edo et, aprĂšs avoir rencontrĂ© le shĂŽgun, trois de ses membres demandent Ă  connaĂźtre Hokusai. S’ensuivra un Ă©change surprenant Hokusai recevra du papier et des aquarelles hollandaises et rĂ©pondra Ă  la commande de plusieurs peintures, peut-ĂȘtre une quarantaine, de scĂšnes de la vie japonaise et des vues d’Edo. Certaines se trouvent aujourd’hui au musĂ©e d’Ethnologie de Leyde, aux Pays-Bas. Hokusai, Dragon dans les nuĂ©es, 1849, kakemono, shihon, encre de Chine et lavis bleu outremer sur papier, 102,5 x 42,5 cm, signature KyĂ»jĂ» RĂŽjin Manji hitsu » Un univers fantastique Si Hokusai reste dans ses derniĂšres annĂ©es un immense graveur, il accorde une place prĂ©pondĂ©rante Ă  la peinture. La crise Ă©conomique de la fin des annĂ©es 1830 le rĂ©duit Ă  la misĂšre et le force, pour survivre, Ă  vendre ses dessins dans la rue. Comble de malheur, un incendie dĂ©truit son atelier et la plupart de ses Ɠuvres, en 1839. On dit que, rĂ©veillĂ© en pleine nuit, l’artiste de 80 ans n’emporta rien d’autre que ses pinceaux, tĂ©moignant par lĂ  de sa foi en l’avenir. Une confiance qu’il entretient, en dessinant, chaque jour, entre 1842 et 1844, un lion chinois ou shishi, animal de lĂ©gende porte-bonheur. L’animal est plus qu’un exorcisme contre la maladie et la mort c’est un exercice de dessin Ă©poustouflant, tantĂŽt aimable, tantĂŽt grotesque, accusant de grandes ressemblances avec les personnages qui ont toujours occupĂ© le monde de Hokusai, courtisanes, pĂȘcheurs, artisans ou samouraĂŻs
 Hokusai, Spectre d’Oiwa-san, sĂ©rie Cent Histoires de fantĂŽmes, vers 1831-1832, estampe nishiki-e, format chĂ»ban, 24,8 x 18,2 cm, signature Saki no Hokusai hitsu », Tsuwano, Katsushika Hokusai Museum of Art Il est aussi, par son caractĂšre anthropomorphique, une porte d’entrĂ©e dans le dernier monde esthĂ©tique du peintre. Un univers Ă  la limite du fantastique, de l’animiste et du mystĂ©rieux, oĂč les dragons sourcilleux sont aussi rĂ©els que les tigres ondoyants. C’est toute la nature, des cascades aux chrysanthĂšmes, qui prend une allure surnaturelle les fantĂŽmes et autres monstres ne sont jamais loin. Fouler les champs d’étĂ© Hokusai s’éteignit le 18e jour du 4e mois de 1849. Avant son dernier soupir, il avait composĂ© un dernier haiku Tel un fantĂŽme, je foulerai d’un pas lĂ©ger les champs d’étĂ©. » Son testament, nĂ©anmoins, il l’avait Ă©crit dix ans auparavant, dans une postface aux Trente-Six Vues du mont Fuji Depuis l’ñge de 6 ans, j’avais la manie de dessiner la forme des objets. Vers l’ñge de 50 ans, j’avais publiĂ© une infinitĂ© de dessins, mais tout ce que j’ai produit avant l’ñge de 70 ans ne vaut pas la peine d’ĂȘtre comptĂ©. C’est Ă  l’ñge de 73 ans que j’ai compris Ă  peu prĂšs la structure de la nature vraie, des animaux, des herbes, des arbres, des oiseaux, des poissons et des insectes. Par consĂ©quent, Ă  l’ñge de 80 ans, j’aurai encore fait plus de progrĂšs. À 90 ans, je pĂ©nĂ©trerai le mystĂšre des choses ; Ă  100 ans je serai dĂ©cidĂ©ment parvenu Ă  un degrĂ© de merveille, et quand j’aurai 110 ans, chez moi, soit un point, soit une ligne, tout sera vivant. Je demande Ă  ceux qui vivront autant que moi de voir si je tiens parole.»
Contrel'invisibilisation des femmes, un roman inspirant qui croise, d'un chapitre à l'autre, le destin d'Hatchepsout, reine d'Egypte antique, et celui d'Idalie, fille d'agriculteurs d'aujourd'hui, passionnée d'Histoire. Des siÚcl La Reine Soleil / Florence Thinard
LĂ©loi portrait de lĂ©loi la grande ambition des femmes est d’ inspirer de l’ amour » MoliĂšre Je n ai rien trouvĂ© de mieux !Mais nous pouvons en dĂ©battre si vous le souhaitez lors de l’expo.. » .
LELOI Vous le rencontrez en direct, mardi 9 Aout, 17-19h aux Ateliers rue du Barry Cazals LOT Exposition tout le mois d’AoĂ»t 2022, ouvert tous les jours de 15 Ă  19h et sur rdv au 07 87 38 37 20 il est vivement conseillĂ© de tĂ©lĂ©phoner, merci Navigation de l’article Rencontres Gindou 202222 aoĂ»t Gourdon, 23 ThĂ©dirac, 24 Rampoux, 25 St Caprais, 26 Les vous avez un souci pour crĂ©er un article Lisez la rubrique Manuel d’Utilisation. Si vous avez toujours le problĂšme dĂ©crivez le avec prĂ©cision Ă  la rubrique Contact, on vous aidera Commentaires les plus rĂ©cents Articles rĂ©cents Les bons gestes pour lutter contre le moustique tigre Rencontres musicales de Gourdon Compagnie des Lieux et des Etres Connaissez-vous Valotri ? Un Ă©tĂ© prĂ©historique Ă  la Maison du Piage dernier atelier de l’étĂ© Poursuite des limitations aux usages de l’eau
LeDiscours sur les passions de l'amour est un texte découvert par Victor Cousin en 1843 dans un recueil de la BibliothÚque nationale de France, composé de maximes philosophiques
Si vous n’aimez pas George Brassens, les prochains jours risquent de vous paraĂźtre un peu longs. En revanche, si vous l’aimez, vous allez vous rĂ©galer. Pour cause, on cĂ©lĂšbre cette semaine un double anniversaire le centenaire de sa naissance et les commĂ©morations des 40 ans de sa mort. L’occasion ou jamais de revenir sur le parcours de l’un des artistes les plus iconiques de la chanson française. 40 ans aprĂšs sa mort, George Brassens est toujours une source d’inspiration pour les artistes de la nouvelle gĂ©nĂ©ration. Tout le monde connaĂźt son visage, au moins une de ses chansons devenues des classiques intemporels et sa façon de rouler les r » comme personne. L’art de George Brassens, c’est des mĂ©lodies toutes simples, qui se ressemblent d’album en album, mais avec des textes toujours hyper beaux – au point de lui valoir un prix de l’AcadĂ©mie Française en 1967. George Brassens, c’est aussi des textes sur tous les sujets, mĂȘme les plus lourds, mĂȘme les plus graves, mais toujours portĂ©s par une mĂ©lodie lĂ©gĂšre et dĂ©tachĂ©e. 40 ans aprĂšs sa mort, George Brassens continue d’inspirer les nouvelles gĂ©nĂ©rations de chanteurs et de chanteuses et pas seulement au sein de la chanson française classique. Le rappeur Damso ne tarit pas d’éloge sur George Brassens. JoeyStarr a mĂȘme repris Gare au gorille » pour en faire un Gare au jaguar » et sa chanson Les passantes », ode Ă  la beautĂ© des femmes, est devenue un hymne pour les fĂ©ministes d’aujourd’hui. Bref, 40 ans aprĂšs sa mort, George Brassens n’a rien perdu de sa superbe, comme nous le raconte Ambre Chalumeau dans sa aussi

SiRodin reconnaĂźt immĂ©diatement le talent de la jeune femme, il en tombe Ă©galement aussitĂŽt amoureux. L’histoire d’amour compliquĂ©e entre les deux sculpteurs a inspirĂ© des interprĂ©tations excessives et romancĂ©es. Ce dont leurs lettres attestent toutefois, c’est de la passion prĂ©coce Ă©prouvĂ©e par Rodin et des rĂ©serves de celle

Madame de Lafayette Ă©crit Ă  une Ă©poque oĂč le respect de la morale et des mƓurs est essentiel. Elle traite, dans son Ɠuvre et notamment dans "La Princesse de Montpensier", de la façon dont les passions bouleversent les Ăąmes humaines et dĂ©tournent du droit chemin. La vertu et le sens du devoir sont des qualitĂ©s essentielles pour ses hĂ©roĂŻnes. Marie ne parvient pas Ă  triompher de son amour pour le duc de Guise, et pour cela elle est punie. Sa fin, isolĂ©e et mortelle, semble toutefois dĂ©mesurĂ©e lorsque l'on songe qu'elle n'a pas rĂ©ellement commis de pĂ©chĂ©. Toutefois, une comparaison avec l'Ɠuvre majeure de Madame de Lafayette, La Princesse de ClĂšves, permet de comprendre qu'elle est moralement coupable d'adultĂšre. NĂ©anmoins, la mort semble attendre les deux princesses, comme si la vertu absolue Ă©tait impossible Ă  atteindre et la mort la seule issue pour ne plus ĂȘtre bouleversĂ© par la passion amoureuse. ILa question de la morale au XVIIe siĂšcle ALa censure et le respect de la morale La morale dĂ©signe l'ensemble des rĂšgles de bonne conduite, plus ou moins rigide selon l'Ă©poque, permettant Ă  un individu de respecter les normes de la sociĂ©tĂ© dans laquelle il vit. En France au XVIIe siĂšcle, tout est codifiĂ© par des rĂšgles prĂ©cises. Le cardinal de Richelieu crĂ©e l'AcadĂ©mie française en 1634, officialisĂ©e en 1635. Elle a pour but de normaliser et perfectionner la langue française, mais Ă©galement d'interdire tout ce qui ne correspond pas Ă  une forme de puretĂ© littĂ©raire, tant sur la forme que le fond. La morale est trĂšs importante, et tous les auteurs de ce siĂšcle classique sont confrontĂ©s Ă  la censure ils ne doivent pas Ă©crire des textes ne correspondant pas Ă  la biensĂ©ance et Ă  la morale. Au XVIIe siĂšcle, la piĂšce Tartuffe de MoliĂšre est interdite par la censure. Plusieurs piĂšces du dramaturge seront ainsi interdites. Le cardinal de Richelieu est Ă  l'origine de la censure. Le chancelier et le garde des Sceaux sont chargĂ©s de lire les ouvrages qui vont ĂȘtre publiĂ©s et de leur octroyer, ou non, "le privilĂšge du roi". Si le roman et la nouvelle ne sont pas sujets Ă  des rĂšgles littĂ©raires, ils doivent tout de mĂȘme rĂ©pondre aux critĂšres moraux et de biensĂ©ance de la censure. Un ouvrage ne peut pas dĂ©fendre des valeurs allant Ă  l'encontre des conventions et de l'Ă©tiquette de la cour de France. Les hĂ©roĂŻnes romanesques de Lafayette mĂšnent des existences dans lesquelles la question de la morale est trĂšs importante. Le sentiment amoureux ne peut ĂȘtre vĂ©cu librement, puisqu'il doit naĂźtre uniquement dans le cadre du mariage et du respect des usages. Les relations sont trĂšs guindĂ©es. Les hĂ©roĂŻnes de Lafayette tombent toujours amoureuses d'hommes qui ne sont pas leurs Ă©poux, elles vont donc Ă  l'encontre de la morale. La princesse de Montpensier tombe amoureuse du duc de Guise alors qu'elle est mariĂ©e au prince de princesse de ClĂšves tombe amoureuse du duc de Nemours alors qu'elle est mariĂ©e au prince de ClĂšves. Le besoin de respecter la morale permet Ă  l'auteur d'Ă©crire une fiction dans laquelle il y a des obstacles, exacerbant les sentiments des personnages ne pouvant ĂȘtre ensemble. La biensĂ©ance enseigne aux amants la dissimulation. Toutefois, afin de ne pas ĂȘtre interdits par la censure, les auteurs doivent livrer des rĂ©cits condamnant les comportements jugĂ©s peu vertueux et encensant les ĂȘtres gardant leur vertu. La morale est si importante au XVIIe siĂšcle que l'on utilise souvent l'expression "romanciers moralistes" pour parler des auteurs de ce temps. Souvent, d'ailleurs, les Ɠuvres romanesques des auteurs reprennent des maximes, genre trĂšs Ă  la mode. Maxime Une maxime est une formule exprimant une rĂšgle morale, un principe ou un jugement Ă  la façon d'un proverbe ou d'un Maximes de La Rochefoucauld est un cĂ©lĂšbre ouvrage constituĂ© de nombreuses maximes, publiĂ© en auteur qui Ă©crit, qui traite de la dĂ©finition de "moraliste" dans le dictionnaire de FuretiĂšre prouve bien que l'auteur moraliste est un Ă©crivain traitant de morale. C'est la premiĂšre fois que l'entrĂ©e "moraliste" apparaĂźt dans un dictionnaire. BLes dĂ©bats autour des problĂ©matiques de morale La sociĂ©tĂ© devenant trĂšs mondaine et se retrouvant volontiers Ă  la cour et dans les salons, la question du paraĂźtre, de l'hypocrisie, est prĂ©gnante. Avec Louis XIV, la vie de la noblesse se centre autour du divertissement, il occupe ses sujets pour mieux les contrĂŽler. Le XVIIe siĂšcle, aussi appelĂ© "Grand SiĂšcle", voit la naissance de la conversation, de la discussion on dĂ©bat et on Ă©change plus qu'autrefois, on prend le temps de dĂ©cortiquer des problĂ©matiques et d'analyser longuement des sujets trĂšs diffĂ©rents touchant divers domaines, mais particuliĂšrement la littĂ©rature et les arts. Les dĂ©bats sont de plus en plus centrĂ©s sur la question de la morale et des mƓurs Ă  partir de 1600 ; cela s'explique car de plus en plus d'ouvrages traitent des maniĂšres de vivre en sociĂ©tĂ©, de la meilleure maniĂšre de se conduire avec autrui. Dans les salons littĂ©raires, on discute volontiers de la morale. De nombreux thĂšmes y sont liĂ©s. Ainsi, on se demande ce qu'il faut choisir entre le devoir et l'amour. La vĂ©ritĂ© recherchĂ©e est plus morale qu'autre chose. Les Ɠuvres sont discutĂ©es et analysĂ©es dans le but de dĂ©battre de la vertu des hĂ©ros, de leurs choix. AprĂšs la publication de La Princesse de ClĂšves, on peut parler de vĂ©ritable "campagne de presse" de la revue Le Mercure galant. On demande alors aux lecteurs de donner leur avis sur la rĂ©action de la princesse et notamment sur la fameuse scĂšne de l'aveu. Un vĂ©ritable dĂ©bat mondain se crĂ©e. Le fait de savoir s'il est vraisemblable ou non que la princesse admette Ă  son mari qu'elle aime un autre homme devient une vĂ©ritable controverse littĂ©raire. Certains jugent ce comportement hautement vertueux et moral, d'autres condamnent une scĂšne invraisemblable et il convient de noter que de nombreux nobles et courtisans transgressent les rĂšgles de la morale. Dans ce monde, tout est basĂ© sur le paraĂźtre alors que les apparences sont souvent trompeuses. Elles permettent simplement de maintenir une bonne rĂ©putation. La passion, plus que tout, doit ĂȘtre cachĂ©e au risque de tout perdre. Ainsi, tout l'enjeu consiste Ă  ne pas ĂȘtre dĂ©voilĂ© et Ă  surveiller son entourage car les trahisons sont nombreuses. Les jeunes ingĂ©nues ou les femmes vertueuses en sont souvent les 1782, Choderlos de Laclos mettra en scĂšne dans son roman Ă©pistolaire Les Liaisons dangereuses les mĂ©canismes machiavĂ©liques de l'aristocratie. AUne Ă©ducation fĂ©minine centrĂ©e sur la vertu Au XVIIe siĂšcle, la vertu devient une mode, une qualitĂ© essentielle particuliĂšrement pour les femmes qu'il est bon de proclamer. En littĂ©rature, on s'attache Ă  peindre les passions qui obscurcissent l'esprit justement pour prĂ©venir de leurs effets nĂ©fastes sur l'Ăąme et la rĂ©pondrai que non seulement il n'est pas pĂ©rilleux, mais qu'il est mĂȘme en quelque sorte nĂ©cessaire que les jeunes personnes du monde connaissent cette passion pour fermer les oreilles Ă  celle qui est criminelle, et pouvoir se dĂ©mĂȘler de ses artifices, et pour savoir se conduire dans celle qui a une fin honnĂȘte et Ă  monsieur de Segrais, "De l'origine des romans"L'Ă©ducation des jeunes gens, et particuliĂšrement celle des jeunes femmes, est centrĂ©e sur l'idĂ©e de vertu. On le constate particuliĂšrement dans l'Ɠuvre de Madame de La Princesse de ClĂšves, l'hĂ©roĂŻne a grandi loin de la cour de France et de ses simagrĂ©es. Elle a reçu une Ă©ducation trĂšs pieuse et morale qui en font un parangon de la nouvelle "La Princesse de Montpensier", Marie essaie de rester vertueuse, qualitĂ© que les autres personnages lui associent Ă  plusieurs reprises. Elle lutte contre la passion en rĂ©alisant qu'une telle attitude la pousse Ă  adopter des comportements contraires Ă  la morale. Son Ă©ducation lui interdit de s'Ă©carter de la voie de la pensa combien cette action Ă©tait contraire Ă  sa vertu et qu'elle ne pouvait voir son amant qu'en le faisant entrer la nuit chez elle Ă  l'insu de son mari, elle se trouva dans une extrĂ©mitĂ© Ă©pouvantable."La Princesse de Montpensier" Le personnage de Chabannes tombe amoureux de Marie pour toutes ses qualitĂ©s, et particuliĂšrement pour sa vertu et son caractĂšre exemplaire. Il "regardait avec admiration tant de beautĂ©, d'esprit et de vertu qui paraissaient en cette jeune princesse". D'ailleurs, en passant du temps avec elle, il tient Ă  maintenir et dĂ©velopper la vertu de la jeune femme, "se servant de l'amitiĂ© qu'elle lui tĂ©moignait pour lui inspirer des sentiments d'une vertu extraordinaire et digne de la grandeur de sa naissance". Il lui trouve des "dispositions si opposĂ©es Ă  la faiblesse de la galanterie" qu'il en est subjuguĂ©. Marie est donc une jeune femme qui a Ă©tĂ© Ă©levĂ©e pour lutter contre ce qui viendrait entacher sa vertu. D'ailleurs, tout en reconnaissant son ancien amour pour le duc de Guise, elle est certaine d'avoir Ă©teint toute passion pour lui aprĂšs son mariage, et se persuade qu'elle pourra continuer s'en protĂ©ger grĂące Ă  sa vertu. Elle dĂ©clare ainsi son inclination pour lui "presque Ă©teinte et qu'il ne lui en restait que ce qui Ă©tait nĂ©cessaire pour dĂ©fendre l'entrĂ©e de son cƓur Ă  une autre inclination, et que, la vertu se joignant Ă  ce reste d'impression, elle n'Ă©tait capable que d'avoir du mĂ©pris pour ceux qui oseraient avoir de l'amour pour elle". C'est d'ailleurs cette mĂȘme vertu qui a permis Ă  Marie d'accepter le mariage que ses parents lui imposaient pour s'Ă©loigner de la tentation que reprĂ©sente le duc de Guise. [...] connaissant par sa vertu qu'il Ă©tait dangereux d'avoir pour beau-frĂšre un homme qu'elle eĂ»t souhaitĂ© pour mari."La Princesse de Montpensier" BLe sens du devoir Les hĂ©roĂŻnes de Madame de Lafayette ne sont pas simplement vertueuses, elles ont le sens du devoir mais Ă©galement du sacrifice puisqu'elles acceptent de sacrifier un bonheur personnel, jugĂ© Ă©goĂŻste, pour leur devoir. Elles connaissent leur place, elles savent ce qu'elles doivent Ă  leurs familles, Ă  leurs Ă©poux, Ă  leur rang. Ce sens du devoir les rend rĂ©solues. C'est le cas de la princesse de Montpensier qui assure que "rien ne pouvait Ă©branler la rĂ©solution qu'elle avait prise de ne s'engager jamais." Elle donne ainsi des ordres au duc de Guise, notamment au dĂ©but de la nouvelle lorsqu'elle doit se marier au prince de Montpensier.[Elle] conjura M. de Guise de ne plus apporter d'obstacle Ă  son mariage."La Princesse de Montpensier"L'utilisation du verbe "conjurer" souligne la rĂ©solution de Marie qui obĂ©it ici Ă  ses parents. Elle reconnaĂźt ses devoirs envers sa famille et se plie Ă  leurs princesse de Montpensier est capable d'un raisonnement trĂšs froid pour dĂ©montrer les devoirs de chacun. Elle en fait preuve avec "froideur" et "tranquillitĂ©" lorsqu'elle explique Ă  Chabannes avec une certaine cruautĂ© qu'il ne peut avoir aucun sentiment pour lui reprĂ©senta en peu de mots la diffĂ©rence de leurs qualitĂ©s et de leur Ăąge, la connaissance particuliĂšre qu'il avait de sa vertu et de l'inclination qu'elle avait eue pour le duc de Guise, et surtout ce qu'il devait Ă  l'amitiĂ© et Ă  la confiance du prince son mari."La Princesse de Montpensier" IIILa mort de la princesse, fin morale ou injuste ? AUne vertu compromise La passion est un thĂšme rĂ©current dans l'Ɠuvre de Madame de Lafayette. Elle sĂšme le trouble dans les Ăąmes et Ă©loigne du droit chemin, de la vertu. Le thĂšme de la compromission des mƓurs se retrouve dans tous les rĂ©cits de l'auteur Dans "La Princesse de Montpensier" Marie Ă©pouse le prince et tombe amoureuse ou retombe amoureuse du duc de Guise. Dans La Princesse de ClĂšves l'hĂ©roĂŻne tombe amoureuse du duc de Nemours aprĂšs avoir Ă©pousĂ© le prince. Dans "La Comtesse de Tende", l'hĂ©roĂŻne succombe Ă  une passion adultĂ©rine. Dans "La Princesse de Montpensier", l'hĂ©roĂŻne fait preuve, Ă  plusieurs reprises, d'un comportement qui manque de noblesse, peu en accord avec la vertu Elle se montre cruelle avec Chabannes lorsqu'il lui avoue ses sentiments. Elle demande Ă  Chabannes de devenir le messager du duc de Guise. Elle avoue ses sentiments au duc de Guise. Elle accepte une entrevue seule avec le duc de Guise. Elle fait entrer son amant dans sa chambre. Chez Madame de Lafayette, on relĂšve un refus de bĂątir le bonheur sur des illusions et des mythes. Elle analyse ce qu'il y a de plus hypocrite et intĂ©ressĂ© dans les sentiments les plus purs. Ainsi, mĂȘme en dĂ©crivant la princesse de Montpensier comme Ă©tant une jeune femme pleine de qualitĂ©s, elle finit par montrer ce qu'il y a de moins reluisant en elle. En se comportant comme elle le fait, en acceptant surtout d'entendre la confession d'amour du duc de Guise, en lui rĂ©pondant et en le recevant chez elle, elle trahit son devoir envers son Ă©poux, elle transgresse la morale, elle perd sa vertu. Elle devient alors une princesse perdue. BUne fin violente et solitaire L'Ɠuvre de Madame de Lafayette a pour but de prĂ©venir les jeunes filles et femmes des dangers de l'amour. En ce sens, on peut affirmer qu'il s'agit d'un rĂ©cit Ă  thĂšse. Marie s'Ă©tant montrĂ©e peu vertueuse, elle "mĂ©rite", si on suit la logique implacable de la morale de l'auteur, d'ĂȘtre punie. La punition est multiple. D'abord, la princesse de Montpensier reconnaĂźt sa faute "elle se trouva la plus malheureuse du monde d'avoir tout hasardĂ© pour un homme qui l'abandonnait". Pour avoir aimĂ© Marie, Chabannes trouve la mort Ă©galement. Ce n'est pas le cas du duc de Guise qui ne semble pas puni de sa du duc de Guise lui fit sentir plus vivement la perte d'un homme dont elle connaissait si bien la fidĂ©litĂ©."La Princesse de Montpensier" AprĂšs la scĂšne avec le duc de Guise, Chabannes et son mari, la princesse perd "l'estime de son mari, le cƓur de son amant, le plus parfait ami qui fut jamais". Le rythme ternaire permet de souligner les diffĂ©rentes consĂ©quences dramatiques des actions de Marie. SĂ©rieusement malade aprĂšs la visite de Guise et la confrontation avec son mari, elle se remet avant de sombrer de nouveau dans un "Ă©tat aussi dangereux que celui dont elle Ă©tait sortie" en apprenant la mort de Chabannes. Savoir que le duc de Guise aime la duchesse de Noirmoutier achĂšve de la tuer. Elle perd absolument tout. Ce fut le coup mortel pour sa vie."La Princesse de Montpensier"La punition ultime est donc la mort. TorturĂ©e par l'amour qu'elle porte au duc de Guise, la princesse a abdiquĂ© sa vertu dans le remord et se retrouve ensuite isolĂ©e, abandonnĂ©e. Son mari et son amant l'abandonnent et son ami Chabannes mourut dans la fleur de son Ăąge, une des plus belles princesses du monde, et qui aurait Ă©tĂ© sans doute la plus heureuse, si la vertu et la prudence eussent conduit toutes ses actions."La Princesse de Montpensier"La fin de la nouvelle insiste sur l'aspect punitif de la fin de Marie. L'auteur laisse entendre que si elle s'Ă©tait comportĂ©e plus vertueusement, elle ne serait pas morte si peut tout de mĂȘme se poser la question suivante la punition de la princesse est-elle Ă  la hauteur de sa faute ? Si l'adultĂšre est symboliquement acceptĂ© dans la nouvelle, puisque la princesse avoue son amour Ă  son amant, lui Ă©crit et accepte de le voir seule et de l'introduire chez elle, il n'est jamais rĂ©ellement consommĂ©. Par ailleurs, la jeune femme a luttĂ© pour garder sa vertu. Elle meurt sans avoir pĂ©chĂ©. Cela augmente l'admiration du lecteur mais pose aussi une autre question a-t-on envie de suivre cet exemple ? Est-on encouragĂ© Ă  le faire ? En effet, on peut estimer que la punition aurait Ă©tĂ© la mĂȘme si elle avait rĂ©ellement pĂ©chĂ©, et penser qu'il vaut mieux pĂ©cher que lutter, puisque la punition est la mort dans les deux "La Comtesse de Tende", l'hĂ©roĂŻne succombe Ă  sa passion, elle se donne Ă  son amant. Tout comme Marie de Montpensier, elle meurt Ă  la fin de la nouvelle. Les deux hĂ©roĂŻnes connaissent donc le mĂȘme sort pour des fautes diffĂ©rentes, l'une n'ayant pas succombĂ© Ă  la passion charnelle. CLes liens avec la mort de la princesse de ClĂšves Le destin de la princesse de Montpensier, dĂ©chirĂ©e entre son devoir et sa passion amoureuse, a quelque chose de la tragĂ©die. On y trouve dĂ©jĂ  ce qui fera le succĂšs et la grandeur de La Princesse de ClĂšves, quelque chose des tragĂ©dies de Racine dans lesquelles les hĂ©roĂŻnes sont profondĂ©ment divisĂ©es. La mort de la princesse de Montpensier peut sembler injuste au sens oĂč elle ne succombe pas charnellement Ă  sa passion. La mort de la princesse de ClĂšves paraĂźt encore plus terrible. Autant la comtesse de Tende a pĂ©chĂ©, autant la princesse de Montpensier a moralement acceptĂ© l'adultĂšre, autant la princesse de ClĂšves a luttĂ© et triomphĂ© de la passion amoureuse. Certes, elle s'arrange parfois pour passer du temps avec le duc de Nemours, notamment lorsqu'elle Ă©crit avec lui une lettre. NĂ©anmoins, elle rejette ses avances, ne lui avoue son amour qu'une fois son Ă©poux enterrĂ© et seulement pour lui fermer la porte pour toujours. On peut lire l'Ɠuvre de Madame de Lafayette comme une réécriture de la mĂȘme histoire, parfaitement maĂźtrisĂ©e dans La Princesse de ClĂšves. La princesse de Montpensier a plusieurs excuses pour dĂ©fendre son comportement. Tout d'abord, elle est tombĂ©e amoureuse du duc de Guise avant d'ĂȘtre mariĂ©e. C'est un amour de jeunesse auquel elle a renoncĂ©, obĂ©issant Ă  ses parents. Cela rend sa situation pathĂ©tique. NĂ©anmoins, la jeune femme se complaĂźt presque dans cette position. Par ailleurs, elle se montre cruelle, notamment avec Chabannes, ce qui amenuise sa grandeur. Vertueuse par Ă©ducation, dans la nouvelle elle fait preuve de vanitĂ©, de cruautĂ© et se dĂ©tourne du droit chemin. La princesse de ClĂšves n'a jamais Ă©tĂ© amoureuse. Contrairement Ă  la princesse de Montpensier, elle ne connaĂźt pas ce sentiment qui l'envahit autant qu'il la surprend. La princesse de Montpensier a l'expĂ©rience qui manque Ă  la princesse de ClĂšves. Pourtant, cette derniĂšre lutte bien plus admirablement contre ses sentiments, bien qu'elle soit incapable de les cacher. Son comportement reste exemplaire lorsque celui de la princesse de Montpensier peut ĂȘtre condamnĂ©. La diffĂ©rence de situation entre les deux hĂ©roĂŻnes se trouve Ă©galement dans leur relation avec leurs maris. Les deux femmes ont Ă©pousĂ© des hommes qui sont follement amoureux d'elles. Toutefois, le prince de Montpensier se montre fort jaloux et mĂȘme violent Ă  l'Ă©gard de Marie, ce qui peut expliquer qu'elle soit tentĂ©e de vivre une autre relation. La princesse de ClĂšves quant Ă  elle ne peut rien reprocher Ă  son Ă©poux, aussi doux et tendre que possible, fidĂšle et noble. Sa situation est donc d'autant plus difficile qu'elle aime un homme qu'elle sait peu constant le duc de Nemours alors qu'elle est parfaitement aimĂ© par un ĂȘtre digne de tous les Ă©gards, son mari. La princesse de Montpensier est accablĂ©e Ă  la fin de la nouvelle, toutefois, elle n'est responsable de la mort de personne Chabannes est tuĂ© par hasard au cours de la Saint-BarthĂ©lĂ©my. Alors mĂȘme qu'elle a fait preuve d'une implacable vertu, la princesse de ClĂšves est punie par la mort de son Ă©poux, incapable de survivre Ă  l'aveu qu'elle lui fait en admettant aimer un autre homme. Enfin, la situation diffĂšre Ă©galement dans l'amour chacun des amants porte Ă  chacune des hĂ©roĂŻnes. Le duc de Guise aime Marie dĂšs qu'il la voit, mais il ne se montre pas Ă  la hauteur de la passion qu'elle a pour lui. Il est prĂȘt Ă  renoncer Ă  elle, il tombe mĂȘme amoureux d'une autre femme ensuite et l'oublie complĂštement. Nemours, lui aussi, finit par oublier la princesse de ClĂšves, mais contrairement Ă  Guise il est prĂȘt Ă  l'Ă©pouser, il fait tout ce qui est en son pouvoir pour la convaincre de vivre avec lui leur amour. À la fin de la nouvelle, ce n'est pas un amour adultĂšre qu'il lui propose, mais une situation noble et convenable qu'elle pourrait socialement accepter, mais qu'elle refuse par une vertu presque monstrueuse, dĂ©passant l'entendement. Ainsi, la princesse de Montpensier paraĂźt ĂȘtre un personnage plus lĂ©ger, moins tragique, plus pathĂ©tique. L'amour, chez elle, a quelque chose de frivole et vaniteux. Elle prĂ©pare nĂ©anmoins la grande hĂ©roĂŻne que sera la princesse de ClĂšves, inĂ©galĂ©e dans sa vertu, dans sa noblesse, dans sa bontĂ© et sa clairvoyance. Alors que Marie se persuade de l'amour de Guise et perd sa vertu pour un homme qui ne la mĂ©ritait pas, la princesse de ClĂšves pressent qu'un mariage avec Nemours la conduirait au malheur, car aussi noble soit sa proposition d'une union, son caractĂšre volage le conduira Ă  aimer d'autres femmes, alors qu'elle attend un amour unique, absolu et triomphant. La princesse de ClĂšves est une grande hĂ©roĂŻque prĂ©cieuse et tragique, la princesse de Montpensier une jeune femme trompĂ©e par ses sentiments et dĂ©truite par la passion.

Lagrande ambition des femmes est d'inspirer de l'amour. MoliĂšre. Celui qui est capable de ressentir la passion, c'est qu'il peut l'inspirer . Marcel Pagnol. Il faut vivre sa vie en essayant

Photo GaĂ«lle Vuillaume À la suite de la crĂ©ation de son blogue Mots d'Elles, Deborah Cherenfant a donnĂ© une sĂ©rie de confĂ©rences dans les cĂ©geps et diffĂ©rents organismes sur l'ambition au fĂ©minin. La Fondation Y des femmes a remis les prix Femmes de mĂ©rite la semaine derniĂšre. Parmi les laurĂ©ates, Deborah Cherenfant a remportĂ© le prix dans la catĂ©gorie Entrepreneuriat. Cette reconnaissance rĂ©compense celles qui se dĂ©marquent et dont les rĂ©alisations ont un impact dans notre sociĂ©tĂ©. D'HaĂŻti, Deborah Cherenfant est arrivĂ©e au QuĂ©bec en 2005 pour poursuivre ses Ă©tudes Ă  MontrĂ©al aux HEC MontrĂ©al. Je voulais avoir les compĂ©tences en gestion d'entreprise, avoir la crĂ©dibilitĂ© et le diplĂŽme pour pouvoir me lancer en affaires », explique la jeune femme. Elle n'a pas perdu de temps. En 2011, elle crĂ©e Mots d'Elles, un blogue qui fait dĂ©couvrir des femmes qui ont rĂ©ussi en affaires. Mots d'Elles traite aussi de leadership et d'ambition au fĂ©minin et brosse des portraits de femmes en entreprises. Ç'a toujours Ă©tĂ© important pour moi de m'inspirer de femmes du milieu des affaires, mais j'avais besoin de modĂšles de rĂ©ussite et je suis allĂ©e Ă  leur rencontre », explique-t-elle. Ses modĂšles ? GeneviĂšve Grandbois Chocolats GeneviĂšve Grandbois, DaniĂšle Henkel et Jocelyna Dubuc du Spa Eastman, des femmes qui ont d'ailleurs reçu le mĂȘme prix de la Fondation Y des femmes. Vous imaginez ce que ce prix reprĂ©sente pour moi ! », s'exclame-t-elle. Elle cite Ă©galement comme inspiration l'ex-ministre française de la Justice Christiane Taubira, qu'elle a eu la chance de rencontrer. De la couleur dans l'hiver quĂ©bĂ©cois À la suite de la crĂ©ation de son blogue, Deborah Cherenfant a donnĂ© une sĂ©rie de confĂ©rences dans les cĂ©geps et diffĂ©rents organismes sur l'ambition au fĂ©minin. On trouve toujours que les femmes manquent d'estime d'elles-mĂȘmes et qu'elles ont peur d'avoir de l'ambition. Il faut y remĂ©dier et c'est pour ça que je m'implique. » Pleine d'Ă©nergie, Deborah a lancĂ© en 2012 ColorĂ© design, une petite entreprise d'accessoires de mode et de design faits de tissus et d'imprimĂ©s originaux en vente au Je suis haĂŻtienne et passionnĂ©e de mode, j'aime ce mĂ©lange de tissus et de motifs traditionnels d'HaĂŻti, mais aussi d'Afrique et du Mexique, dit-elle. J'aime pouvoir faire revivre cette tradition, mais de maniĂšre plus moderne et surtout d'ajouter des couleurs vives dans notre hiver quĂ©bĂ©cois ! » Tous les accessoires sont produits localement avec des imprimĂ©s qui reprĂ©sentent d'autres cultures et j'aime cette dualitĂ© », confie la jeune entrepreneure qui cĂ©lĂ©brera ses 31 ans Ă  la fin du mois. ColorĂ© design emploie des femmes couturiĂšres immigrantes qui travaillent dans un atelier Ă  MontrĂ©al, dans le quartier Mile-Ex. Il est essentiel pour moi qu'une femme soit autonome financiĂšrement, et Ă©tant immigrante moi-mĂȘme, je suis sensible Ă  cette question, une question d'intĂ©gration. » MarchĂ© Ă©phĂ©mĂšre Deborah Cherenfant souhaite lancer un atelier en HaĂŻti d'ici la fin de l'annĂ©e avec des femmes qui sont atteintes du VIH. Ce n'est pas Ă©vident de trouver un emploi quand on vit avec le VIH, ce sont des femmes qui ont un diplĂŽme de couture et j'espĂšre que ce projet leur redonnera confiance et pourra les rĂ©insĂ©rer professionnellement », explique-t-elle. Comme elle multiplie les projets, la jeune femme d'affaires a aussi lancĂ© en dĂ©cembre dernier Le MarchĂ© ColorĂ© qui regroupe des crĂ©ateurs d'ici et d'ailleurs qui partagent la mĂȘme passion pour le textile et les motifs imprimĂ©s. Il s'agit d'un lieu oĂč on dĂ©couvre des piĂšces uniques faites par des artisans. Ce marchĂ© Ă©phĂ©mĂšre sera de retour au coeur du Quartier des spectacles Ă  l'Ă©tĂ©. La jeune femme prend aussi le temps de faire du bĂ©nĂ©volat et de s'impliquer socialement. Ainsi, elle prĂ©side le conseil d'administration de Compagnie F, un organisme communautaire qui vise l'autonomie financiĂšre des femmes. Elle a aussi participĂ© Ă  la construction d'habitations en RĂ©publique dominicaine au sein de l'organisme Habitat pour l'humanitĂ©. Ça me tient vraiment Ă  coeur et je souhaite, avec ce prix, m'impliquer encore plus dans des projets qui facilitent l'emploi des femmes et le leadership au fĂ©minin. » Photo fournie par ColorĂ© design Tunique aux imprimĂ©s colorĂ©s, de la collection ColorĂ© Design
Dudimanche 10 au lundi 18 juillet. Avec les auteurs et tous les acteurs de la crĂ©ation, dans l’ambition de toucher tous les publics, France Culture engage encore davantage son activitĂ© de fiction, qu’elle se fabrique dans les studios ou qu’elle se vive en public. L’univers mĂȘme des rĂ©cits et des textes est immense et les auteurs
On se fait souvent une idĂ©e rĂ©ductrice de Germaine de StaĂ«l 1766-1817, dont on rappelle la conversation brillante et son essai De l’Allemagne?», qui marqua l’introduction du romantisme en France. Et en effet, fille de Jacques Necker, le ministre des Finances de Louis XVI, elle fut une femme de lettres et de salon. Dans celui de sa mĂšre dĂ©filĂšrent tous les intellectuels du moment. Ecrivaine et philosophe, admiratrice de Rousseau et Montesquieu, elle ne tarda pas Ă  ouvrir le sien, oĂč elle accueillit les reprĂ©sentants des idĂ©es nouvelles. RomanciĂšre Ă  succĂšs, elle a cĂŽtoyĂ© toute l’Europe des LumiĂšres et fait tourner les tĂȘtes, Ă  commencer par celle de Benjamin Constant. Mais elle fut aussi l’une des premiĂšres femmes Ă  exprimer publiquement ses idĂ©es politiques. Au risque de dĂ©plaire, puisque, irritĂ© par ses considĂ©rations Ă©galitaires, NapolĂ©on la chassa de France et l’obligea Ă  se rĂ©fugier dans son chĂąteau de Coppet en suite aprĂšs la publicitĂ© Germaine de StaĂ«l, fĂ©minine ou fĂ©ministe ? FĂ©ministe avant la lettre, elle fut une femme Ă©prise de libertĂ© qui revendiquait pour elle comme pour les autres un droit absolu au bonheur, une femme nouvelle dans une nouvelle sociĂ©tĂ©, une femme cherchant Ă  concilier le cƓur et la raison. La philosophe GeneviĂšve Fraisse, spĂ©cialiste de la pensĂ©e fĂ©ministe, s’intĂ©resse depuis toujours Ă  cette figure d’exception. L'OBS. Qu’est-ce qui vous a amenĂ©e Ă  travailler sur Mme de StaĂ«l ? GeneviĂšve Fraisse. Deux simples raisons m’ont conduite vers les Ă©crits de Germaine de StaĂ«l. D’abord le livre de Julie-Victoire DaubiĂ© premiĂšre bacheliĂšre en 1861 La femme pauvre» qui argumente contre l’ùre post-rĂ©volutionnaire centralisatrice en dĂ©montrant que, pour les femmes, ce pouvait ĂȘtre mieux avant; il fallait donc que je m’intĂ©resse Ă  la charniĂšre des annĂ©es 1800. Ensuite Claude Lefort, quand il accepta, sans me connaĂźtre, mais Ă  la lecture de mon projet, de soutenir ma candidature au CNRS au dĂ©but des annĂ©es 1980. Si je voulais travailler aux fondements philosophiques du discours fĂ©ministe», Germaine de StaĂ«l m’intĂ©resserait nĂ©cessairement, me dit-il d’une phrase lapidaire... j’ai suivi son conseil, et l’en remercie suite aprĂšs la publicitĂ© NĂ©e en 1766, fille de Necker, Mme de StaĂ«l participe Ă  la vie politique, intellectuelle et mondaine de son temps. Elle a la particularitĂ© d’avoir Ă©crit Ă  la fois sous la monarchie et aprĂšs la RĂ©volution française. Peut-on parler pour autant de figure de transition? Oui, mais sans l’idĂ©e qu’elle passe d’un monde Ă  l’autre; car elle pense Ă  partir des deux mondes. C’est une figure de transition certes, mais qui rĂ©flĂ©chit dans un va-et-vient permanent. LĂ  est sa richesse. Elle pense avec ce qui lui est donnĂ© dans le prĂ©sent pour aborder le monde; elle n’est donc jamais dans le bilan, elle est toujours en train de rouvrir les dossiers. C’est le mot analyse» qui lui va le mieux. Dans l’introduction de De l’influence des passions», elle Ă©crit Le philosophe veut rendre durable la volontĂ© passagĂšre de la rĂ©flexion.» Belle ambition
 "De l'Ă©ducation des femmes" la rĂ©ponse de Laclos au "droit d'importuner" Dans la biographie qu’il lui a consacrĂ©e, Michel Winock affirme qu’il a manquĂ© Ă  Mme de StaĂ«l un grand livre qui marquĂąt l'imagination». Est-ce aussi votre avis?La suite aprĂšs la publicitĂ© Non. Certes ses romans peuvent nous tomber des mains – mais ceux de George Sand aussi. En revanche, De la littĂ©rature» est un trĂšs grand livre, et mĂȘme une clĂ© pour suivre l'Ă©volution de la littĂ©rature au tournant de la RĂ©volution. Dans le chapitre Des femmes qui cultivent des lettres», certaines phrases rĂ©sonnent encore L’existence des femmes en sociĂ©tĂ© est encore incertaine, et dans l’état actuel, elles ne sont, pour la plupart, ni dans l’ordre de la nature, ni dans l’ordre de la sociĂ©tĂ©.» Affirmation remarquable, oĂč elle refuse l’opposition nature/sociĂ©tĂ©, biologique/social, schĂ©ma si prĂ©gnant de notre Ă©poque, un travers idĂ©ologique Ă  mon avis. Ni nature, ni sociĂ©tĂ© ainsi met-elle les femmes dans l’histoire
 Elle transforme le salon d’Ancien RĂ©gime en club d’aprĂšs la RĂ©volution Un peu plus loin dans le mĂȘme texte, elle dĂ©nonce la tyrannie de l’opinion» dont sont victimes les femmes. Jusque-lĂ , les femmes peuvent avoir de l’influence». Ce concept d’Ancien RĂ©gime dĂ©finit la place des femmes dans l’espace public et politique; il est formalisĂ© depuis plusieurs siĂšcles et continuera Ă  l’ĂȘtre aprĂšs la RĂ©volution, notamment par Mme de Genlis ou le Comte de SĂ©gur, et au dĂ©but de la IIIe rĂ©publique; tant que les femmes ne seront pas citoyennes. L’influence implique la mĂ©diation, le pouvoir de l’ombre, et dans l’ombre de l’espace politique. Or tout en exerçant une influence, les femmes sont soumises Ă  l’opinion, avec un O» majuscule. Germaine de StaĂ«l dĂ©crit cette dĂ©pendance avec Delphine», roman qui parle de toutes les femmes, et Corinne ou l’Italie», roman qui parle d’une femme singuliĂšre, Ă  savoir des artistes. Ces deux personnages ne trouvent pas le bonheur amoureux Delphine parce que LĂ©once ne saurait divorcer, Corinne parce que Oswald ne sait affronter l’opinion, dĂ©favorable Ă  la femme artiste. Dans l’Ancien rĂ©gime, ces femmes doivent obĂ©ir Ă  la convenance au dĂ©triment du suite aprĂšs la publicitĂ© Ah ! les femmes des LumiĂšres... Mais comment passe-t-on de ĂȘtre soumise Ă  l’Opinion Ă  avoir une opinion»? Le mot opinion», pour l’espace public, pour le passage Ă  la dĂ©mocratie, est crucial en 1800, comme le montre si bien le texte Opinion d’une femme sur les femmes» de Fanny Raoul, paru en 1801. Mme de StaĂ«l est le tĂ©moin de cette bascule. On dit qu’elle transforme le salon d’Ancien RĂ©gime en club d’aprĂšs la RĂ©volution. Par sa pratique, elle dĂ©place l’influence, qu’elle conserve – le terme est employĂ© dans le chapitre De l’éloquence» -, et donne son opinion. C’est lĂ  que l’éloquence va prendre toute sa force. Pour Mme de StaĂ«l, l’éloquence, c’est comme un art des gouvernements» le théùtre est le pouvoir exĂ©cutif de la littĂ©rature», De l’esprit des traductions». Jules Michelet parlera quant Ă  lui de ses monologues Ă©loquents». En ramenant la dĂ©marche de Mme de StaĂ«l Ă  l’art de la conversation», on rĂ©duit son geste transgressif, suite aprĂšs la publicitĂ© Elle n’est pas une militante des droits des femmes, au contraire de la poĂ©tesse Constance de Salm, avec laquelle vous Ă©tablissez un parallĂšle dans Muse de la raison». En quoi sont-elles complĂ©mentaires? C’est intĂ©ressant de les rapprocher car elles sont, toutes deux, des femmes de salons, en prise avec leur temps, trĂšs contemporaines»; et elles sont dans le partage. Constance de Salm a une cause et elle pense et dĂ©montre l’égalitĂ© des sexes. En revanche, Germaine de StaĂ«l n’est pas dans le plaidoyer, ce qu’elle souligne dans son Discours sur la Reine» Mon projet n’est point de dĂ©fendre la Reine comme un jurisconsulte; j’ignore de quelle lois on peut se servir pour l’atteindre, et ses juges eux-mĂȘmes ne s’essaieront pas Ă  nous l’apprendre ce qu’ils appellent l’opinion, ce qu’ils croient la politique, sera leur motif et leur but. Les mots de plaidoyer, de preuve, de jugement, sont une langue convenue entre le peuple et ses chefs; et c’est Ă  d’autres signes qu’on peut prĂ©sager le sort de cette illustre infortunĂ©e.» Ce n’est pas une penseuse de l’égalitĂ© des sexes, c’est une penseuse de la libertĂ© et de l’émancipation. Dans Des femmes qui cultivent les lettres», certains lisent qu’elle parle de toutes les femmes, d’autres qu’elle parle de la femme auteure. En fait, elle arrive Ă  parler de toutes en parlant d’elle. Se faire oublier en racontant son histoire», Ă©crit-elle. Elle manipule remarquablement le je», le toutes» et le chacune» elle est Ă  la fois Delphine, Corinne et Germaine de StaĂ«l. Virginia Woolf travaillera de mĂȘme, tout comme Simone de Beauvoir. Un "corps rigide" qui aimait la jouissance Simone de Beauvoir, par GeneviĂšve FraisseLa suite aprĂšs la publicitĂ© Mme de StaĂ«l sera notamment opposĂ©e Ă  sa propre mĂšre, Suzanne de Necker, sur la question du divorce. Le divorce est une clĂ© de l’émancipation des femmes. C’est une question Ă©minemment politique, sous la RĂ©volution française et aprĂšs. Il est autorisĂ© en 1792, puis interdit en 1816. Germaine de StaĂ«l construit sa pensĂ©e philosophique sur la libertĂ©. Elle ne pense pas le divorce par rapport au code civil, mais parce que exception et rĂšgle doivent ĂȘtre possibles. Pour Mme de StaĂ«l, tout le monde doit pouvoir divorcer et toute femme doit pouvoir ĂȘtre Corinne. Elle ne va pas le dire ainsi, mais elle va montrer, dans les deux cas, la souffrance de ces femmes qui se heurtent Ă  l’Opinion qui les opprime. Elle pose les bases d’une double rĂ©flexion, qu’il est pensable de soutenir le divorce et qu’il est possible d’ĂȘtre couronnĂ©e au Capitole. Ce rapport singulier/pluriel est essentiel Ă  sa dĂ©marche. Dans De la littĂ©rature», Mme de StaĂ«l utilise trois termes diffĂ©rents, esclaves», affranchis», parias». Leur destinĂ©e ressemble, Ă  quelques Ă©gards, Ă  celle des affranchis chez les empereurs; si elles veulent acquĂ©rir de l'ascendant, on leur fait un crime d'un pouvoir que les lois ne leur ont pas donnĂ©, si elles restent esclaves, on opprime leur destinĂ©e», Ă©crit-elle. Toutes les femmes sont des esclaves, certaines seulement sont des parias. Ces termes serviront Ă  dĂ©crire les diverses positions des femmes opprimĂ©es, puis, celui d’ ilote», qui dĂ©signe les esclaves du temps de Sparte, apparaĂźtra autour des annĂ©es 1830. Julie-Victoire DaubiĂ© parlera ainsi de l’ilotisme sĂ©culaire» des femmes. La suite aprĂšs la publicitĂ© Mme de StaĂ«l a une double position elle pense que les femmes doivent ĂȘtre exclues des affaires publiques, et qu’en mĂȘme temps il faut y participer. Dans De l’Allemagne », elle affirme qu’on a raison d’exclure les femmes des affaires politiques et civiles. Sauf que dans la notice sur Aspasie, dans la Biographie universelle, ancienne et moderne» de Michaud en 1812, elle Ă©crit le contraire Dans une rĂ©publique, la politique Ă©tant le premier intĂ©rĂȘt de tous les hommes, ils ne seraient point associĂ©s du fond de l’ñme avec les femmes qui ne partageraient pas cet intĂ©rĂȘt.» La question est dans quel rĂ©gime politique les femmes participent, ou non, Ă  la vie de la citĂ©? Mme de StaĂ«l pense que suivant les contextes, soit on a raison d’exclure les femmes des affaires de la citĂ©, et l’opinion et l’éloquence suffisent, soit on est Aspasie, Ă  la grande Ă©poque athĂ©nienne, et on participe aux affaires de la citĂ©. Elle penchera tout de mĂȘme davantage pour la rĂ©publique que la suite aprĂšs la publicitĂ© Olympe de Gouges rappelle que la femme a le droit de monter Ă  l’échafaud, mais pas Ă  la tribune. Michelet dira que les femmes sont responsables mais pas punissables». On peut aussi les voir exclues et responsables. Les femmes avaient sans doute dans l’Ancien rĂ©gime trop d’influence sur les affaires», Ă©crit Mme de StaĂ«l dans De la littĂ©rature». C’est un trait, la faute des femmes, qu’on retrouve souvent, aprĂšs La Commune par exemple. Quand survient un dĂ©sastre, une guerre, une rĂ©volution, elles pourraient en ĂȘtre la cause. Alors les femmes sont responsables, voire coupables. Et pourtant elles n’ont que de l’influence et ne prennent pas part aux affaires de la citĂ©. Mariage, mĂ©decine, Ă©ducation... qui a inventĂ© l’inĂ©galitĂ© des sexes? Avec le droit Ă  l’opinion, on sera responsable mais peut-ĂȘtre plus accusĂ©e Ă  tort, de façon imaginaire. De l’influence Ă  l’opinion, puis Ă  l’éloquence, elle dessine une place politique pour les femmes, Ă  commencer pour elle-mĂȘme. Au fond, Germaine de StaĂ«l n’identifie pas la citoyennetĂ© comme telle. Mais aujourd’hui sommes-nous certaines que la citoyennetĂ© nous donne une place dans la sociĂ©tĂ©? Ce n’est pas sĂ»r. La culture des lettres m’a plutĂŽt valu plus de jouissances que de chagrins» Est-ce qu’elle considĂšre que les mƓurs sont l’affaire des femmes?La suite aprĂšs la publicitĂ© Oui, les femmes doivent aussi rester dans la sphĂšre domestique. Elle n’a pas vraiment tranchĂ© cette affaire. Elle est loin d’ĂȘtre la seule. Rousseau a bien bĂ©tonnĂ© la sĂ©paration entre la famille et la citĂ©. Ce bĂ©ton va mettre deux siĂšcles Ă  se fissurer, autour d’une chose trĂšs intĂ©ressante la question de la rivalitĂ©. Les femmes ne doivent pas devenir les rivales des hommes ; c’est pourquoi le partage des sphĂšres est essentiel. Pourquoi le poĂšte Lebrun ne veut pas que les femmes deviennent poĂštes? Parce qu’il y a assez d’hommes en rivalitĂ©. C'est l'enjeu de ce que j'appelle la dĂ©mocratie exclusive», le fait de ne pas laisser les femmes accĂ©der Ă  la dĂ©mocratie Ă  taux plein. On ne les veut ni Ă©crivaine, ni femme politique. Il faudra 200 ans pour contourner ces obstacles. À l’opposĂ©, dĂšs 1808, le philosophe Charles Fourier aurait bien vu les femmes en concurrentes politiques. Il Ă©crit dans ThĂ©orie des quatre mouvements et des destinĂ©es gĂ©nĂ©rales» que les femmes avaient Ă  produire, non pas des Ă©crivains, mais des libĂ©rateurs, des Spartacus politiques, des gĂ©nies qui concertassent les moyens de tirer leur sexe d’avilissement». Le jour oĂč Rousseau a failli devenir un peu moins machoLa suite aprĂšs la publicitĂ© Un des autres thĂšmes de son Ɠuvre est que la femme ne peut pas avoir Ă  la fois l'amour et la gloire. Elle Ă©crit cette cĂ©lĂšbre formule dans De l'Allemagne» en 1810 la gloire est le deuil Ă©clatant du bonheur». Revenons sur cette phrase galvaudĂ©e et utilisĂ©e tronquĂ©e. La citation complĂšte est la suivante On a raison d'exclure les femmes des affaires politiques et civiles, rien n'est plus opposĂ© Ă  leur vocation naturelle que tout ce qui leur donnerait des rapports de rivalitĂ© avec les hommes et la gloire elle-mĂȘme, ne saurait ĂȘtre pour une femme qu'un deuil Ă©clatant du bonheur.»On universalise le propos alors qu’il concerne prĂ©cisĂ©ment et uniquement les femmes chez Jean-Luc Godard par exemple. Certes on connaĂźt la contradiction entre gloire et bonheur. Aussi, il faut analyser l’expression deuil Ă©clatant». S’il y a deuil, c’est que le bonheur a existĂ©, il n’est pas nĂ©cessairement empĂȘchĂ© par la gloire. Mais quel bonheur ? Dans la prĂ©face de 1814 aux Lettres sur Rousseau», Germaine de StaĂ«l Ă©crit la culture des lettres m’a plutĂŽt valu plus de jouissances que de chagrins.» ou encore les jouissances de l'esprit sont faites pour calmer les orages du cƓur.» La suite aprĂšs la publicitĂ© “Ce livre dĂ©shonore le mĂąle français”, ou les 50 ans du “DeuxiĂšme sexe” L’étude est un remĂšde au malheur d’une part, un outil de comprĂ©hension d’autre part en dĂ©veloppant leur raison, on les Ă©claire sur les malheurs souvent attachĂ©s Ă  leur destinĂ©e». Donc, si je cultive les lettres, ou simplement ma raison, je vais comprendre le malheur d’ĂȘtre femme. La gloire comme deuil Ă©clatant du bonheur» c'est aussi la possibilitĂ© de l’écrire. Ce rapport souffrance/jouissance, bonheur/malheur a toujours intĂ©ressĂ© les philosophes. Kierkegaard, citĂ© par Simone de Beauvoir en exergue du deuxiĂšme volume du DeuxiĂšme Sexe» Quel malheur que d'ĂȘtre femme, et pourtant le pire malheur quand on est une femme, est au fond de ne pas comprendre que c'en est un.» Diderot Femmes que je vous plains.» Nietzsche La loi des sexes dure loi pour la femme.» Propos recueillis par Amandine Schmitt GeneviĂšve Fraisse, bio express Philosophe, historienne de la pensĂ©e fĂ©ministe, GeneviĂšve Fraisse est directrice de recherche Ă©mĂ©rite au CNRS. Elle a notamment publiĂ© La Fabrique du fĂ©minisme» Le Passager clandestin, 2012, poche 2018, Muse de la raison» Alinea 1989, Folio-Gallimard, 2017, Du consentement» Seuil, 2007, Ă©dition augmentĂ©e 2017 et Le PrivilĂšge de Simone de Beauvoir», Actes sud, 2008, Ă©dition augmentĂ©e, Folio-Gallimard 2018. Dernier ouvrage paru La Sexuation du monde» Presses de Sciences-Po, 2016. Paru dans "L'OBS" du 2 aoĂ»t 2018 .
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  • la grande ambition des femmes est d inspirer l amour